L'Island Peak : tout ce que vous devez savoir avant de vous lancer
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Dominant la vallée du Khumbu du haut de ses 6 189 mètres, l'Island Peak (ou Imja Tse) est bien plus qu'un simple sommet : c'est la porte d'entrée magistrale vers la haute altitude. Que vous soyez un randonneur déjà initié à l’alpinisme rêvant d'un premier 6000 mètres ou un alpiniste en phase d'acclimatation avant l'Everest ou le Mera Peak, ce pic emblématique du Népal offre une expérience humaine et technique hors du commun.
Mais qu'est-ce qui rend l’ascension de l'Island Peak si particulière ? Si les difficultés techniques restent modérées, la réussite repose sur une préparation physique solide et une gestion rigoureuse de l'effort face au manque d'oxygène. Entre levers du soleil sur les géants de glace et dépassement de soi, nous vous dévoilons tout ce qu'il faut savoir pour préparer cette expédition mythique du Népal !
Qu’est-ce que l’Island Peak et pourquoi est-ce un sommet emblématique pour les alpinistes qui découvrent l’Himalaya?
L’Island Peak est un sommet emblématique parce que c’est l’un des premiers 6000 mètres relativement accessibles dans la région de l’Everest.
Il y a deux profils de personnes qui viennent sur ce sommet. Certains ont déjà touché un peu à l’alpinisme et veulent gravir un premier 6000 mètres accessible. Pour eux, l’Island Peak est souvent une excellente porte d’entrée ! Et pour d’autres, c’est un sommet d’entraînement avant un objectif plus ambitieux. Par exemple, avant de tenter l’Ama Dablam ou l’Everest, beaucoup d’alpinistes font l’Island Peak pour s’acclimater à l’altitude et tester leurs capacités avant le sommet final.
Techniquement, il n’y a pas de grandes difficultés rocheuses ou glaciaires. On utilise les crampons, le piolet et les cordes fixes sur la partie finale, mais cela reste accessible. L’altitude et la gestion de l’effort sont les réelles difficultés de cette ascension ! En effet, pour gravir l’Island Peak depuis le camp de base, il suffit généralement d’une seule tentative (une seule, mais longue), après plusieurs jours d’acclimatation. C’est ce mélange entre accessibilité relative et haute altitude qui en fait un sommet très marquant pour découvrir l’Himalaya !
À quoi ressemble une journée type pendant l’ascension de l’Island Peak, du camp de base jusqu’au sommet ?
D’abord, il faut comprendre qu’on ne monte pas l’Island Peak en une journée ! (Et non…) Une bonne ascension commence par une phase d’acclimatation réussie en amont. Pour ça, vous marchez environ dix jours dans la vallée du Khumbu, en respectant les paliers d’altitude, jusqu’au dernier village avant le camp de base qui s’appelle Chukung, situé à 4 730 mètres d’altitude. Vous passez une dernière nuit à Chukung, puis vous montez en trois heures au camp de base de l’Island Peak (5100m) accompagnés par nos guides experts.
Vous arrivez au camp de base vers midi. Un premier repas est alors le bienvenu ! Puis, vous prenez le temps de vérifier tout le matériel avec les guides. C’est aussi le moment de réviser les bases techniques ! Utilisation des crampons, du piolet, déplacement sur corde fixe avec un jumar… tout est revu ! Ensuite vous prenez un deuxième repas vers 18 heures et vous savourez votre dernier temps de repos avant la grande ascension.
Et oui, la nuit est courte, car à minuit, le réveil sonne. Le temps de se préparer, vous commencez à grimper à une heure du matin. La première partie est une marche assez roulante dans la nuit. Et très vite, vous entrez dans une zone plus raide, avec des pierriers et des passages rocheux. Le dénivelé devient très marqué. Vous atteignez ensuite le Crampon Point, l’endroit où l’on met les crampons et où vous commencez la partie glaciaire. À partir de là, vous progressez sur la glace, souvent encordés et sur des cordes fixes pour certaines sections. Le soleil commence à se lever pendant l’ascension. Souvent, le sommet est atteint vers 7h30. Une fois la victoire célébrée et les émotions vécues, il est temps de redescendre. Le retour au camp de base est prévu à 10h30.
Quel est le moment le plus marquant de l’ascension ?
Beaucoup de gens imaginent que c’est le sommet, mais ce n’est pas forcément le moment le plus fort. Quand vous arrivez au sommet, vous venez de fournir un effort énorme. On est souvent très fatigué, parfois un peu sous le choc de l’effort. Vous êtes heureux, évidemment, mais il faut encore rester concentré pour la descente.
Alors, pour moi, il y a deux événements marquants :
- Le premier, c’est juste avant l’ascension, pendant le dernier repas au camp de base. L’atmosphère est très particulière. Tout le monde est un peu excité, parfois un peu anxieux. Il y a aussi beaucoup de soutien entre les futurs grimpeurs et les Sherpas. Il fait très froid, c’est la nuit. Il y a aussi la Puja, un moment de prière avant de partir, pour demander la permission et la bénédiction à la montagne.
- Le deuxième moment très fort, c’est au lever du soleil pendant l’ascension. Vous êtes déjà dans un effort intense, et quand vous vous retournez, vous voyez les premières lumières apparaître sur les sommets autour de vous. Les montagnes prennent des couleurs incroyables. C’est un moment de grâce, très silencieux, où vous réalisez vraiment où vous vous trouvez.
Quel niveau faut-il avoir pour tenter l’Island Peak ?
Il faut avant tout avoir une très bonne condition physique. L’altitude rend tout plus difficile, et si la base physique n’est pas solide, le mental peut lâcher très vite. L’idéal est d’avoir déjà fait beaucoup de randonnée en montagne et d’être capable d’enchaîner de grosses journées, par exemple avec 1500 à 2000 mètres de dénivelé dans la journée en plus du sac à dos sur les épaules. Il est aussi préférable d’avoir déjà utilisé des crampons et un piolet avant. Ce n’est pas obligatoire d’être un alpiniste expérimenté, mais ce n’est pas le meilleur endroit pour découvrir ces outils pour la première fois.
On dit souvent que l’Island Peak est un premier sommet idéal, mais en réalité, c’est plutôt un premier 6000 mètres idéal. Il existe des sommets plus bas pour découvrir l’alpinisme. Ce qui le rend accessible, c’est qu’il n’y a pas de grosses difficultés techniques et que le sommet reste relativement sûr si les conditions météo sont bonnes.
Que faut-il retenir de cette expédition ?
Bien sûr, le sommet reste un moment très fort. Mais ce que vous retiendrez surtout, c’est surtout le fait d’avoir réussi quelque chose qui vous paraissait immense.
C’est un défi physique très intense. Par moments, il y a de la fatigue, parfois de la souffrance. Et quand vous revenez au camp de base après l’ascension, il y a un mélange de fierté, de soulagement et de joie. C’est le moment où on réalise qu’on a dépassé une limite que l’on ne pensait parfois pas pouvoir franchir. C’est un moment très puissant avec soi-même. Et ça, souvent, ça reste longtemps après la montagne.