Après 9 jours et 180 km à pagayer dur, je suis arrivé au Parc National de Monfragüe. Il était difficile de trouver de l'ombre dans la forte chaleur, alors je continuais à pagayer. Je transportais plein d'eau et de la protection solaire, mais il n'y avait pas de réseau dans le parc. Je me suis donc fié à l'instinct pour trouver le cap au milieu du fleuve pour ne pas perdre de temps dans la chaleur de la mi-journée à rentrer dans les multiples grandes criques. En plus, le parc a une population de vautours en pleine santé qui donnaient l'impression de me suivre toute la journée.
Les voyageurs arrivent généralement par la route. Mais lorsque que l'on se déplace à kayak, on voit tout d'un autre angle, en particulier parce que j'allais dans chaque village et ville pour m'approvisionner en venant de la rivière. J'ai par exemple croisé un sanglier et ses marcassins un matin qui prenaient un bain de boue. Ils ont été surpris par ma présence et j'étais plutôt content d'avoir quelques mètres de fleuve qui me séparaient de la laie protectrice. La plupart des endroits où je m'arrêtais n'étaient pas des destinations touristiques importantes. Donc c'étaient plutôt des expériences de voyages authentiques. J'ai pu ainsi rencontrer pleins de gens chaleureux et aimables qui s'intéressaient à moi et voulaient me parler. Après plus de deux semaines, je suis arrivé au Parc International du Tejo. C'était le point de repère qui démarquait le passage de l'Espagne au Portugal. Pour quelques kilomètres, j'ai apprécié la nouveauté de faire du kayak dans des eaux internationales, passant du côté Espagnol vers le côté portugais. J'étais maintenant intimement à l'aise avec Dame Nature. Mon installation bâchée était devenue par tâtonnement anti-moustique, mais n'était cependant pas anti-araignée et j'ai découvert qu'en Espagne il existe des grandes araignées qui aiment se cacher dans le sac de couchage lorsque l'on dort. Je ne suis pas un fan des araignées, mais je devais reconnaître que je séjournais dans leur quartier, donc je ne pouvais pas trop me plaindre. ~